L’eau comme vecteur de paix au Sahel

Appel à projets 2024
En collaboration avec l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD)

Le Sahel est traversé depuis plus d’une décennie par de multiples crises. Aux manques d’infrastructures d’approvisionnement, s’ajoute la problématique de leur protection contres des attaques armées. Les eaux souterraines constituent une ressource abondante clé pour la résilience climatique mais demeurent mal connues et sous-valorisées. Cependant, l’eau est aussi un outil de coopération, dont l’Afrique est pionnière dans la coopération interétatique. L’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et du fleuve Gambie (OMVG) en sont des exemples emblématiques. Le Rapporteur spécial sur les droits humains à l’eau potable et à l’assainissement a souligné que ces deux organisations représentent des bonnes pratiques dans son rapport à l’Assemblée générale des Nations Unies de 2023 (A/78/253).
Depuis 2018, le Geneva Water Hub, un centre de compétences sur l’eau pour la paix de l’Université de Genève, a mis en place deux programmes de recherche. Le premier vise à promouvoir un dialogue sur l’eau comme vecteur de paix au Sahel et le deuxième étudie la relation entre l’eau et les conflits armés en se fondant sur la Liste de Principes de Genève sur la protection des infrastructures hydrauliques et vise à renforcer les mécanismes de mise en œuvre de droit international notamment en examinant comment l’eau fait partie des crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et du génocide.

Le partenariat G3 x UCAD renforcera le volet académique et les synergies entre ces deux programmes de recherche. Le financement du projet « L’eau comme vecteur de paix au Sahel » permettra la tenue d’un colloque scientifique à Dakar et contribuera à soutenir la mobilité d’étudiants entre les quatre universités. Les étudiants engagés aideront au développement de cliniques juridiques sur la prévention de conflits liés à l’eau et le renforcement de la protection de l’eau en temps de conflit armé. Le financement d’un colloque scientifique à Dakar permettra de disséminer la connaissance dans la région sur la coopération transfrontière au Sahel avec pour objectif de renforcer la vision de l’eau comme vecteur de la cohésion sociale intercommunautaire et de consolidation de la paix. L’objectif de ce colloque consistera à préciser les objectifs de recherche d’un nouveau réseau de chercheurs. Ce réseau appuiera également les décideurs locaux afin de prendre des décisions fondées dans des évidences scientifiques.

Le colloque mobilisera une expertise multidisciplinaire et les thématiques abordées incluront :

  1. la gestion conjointe entre eaux de surface et souterraines
  2. l’évolution institutionnelle et les mécanismes de financements des cadres de coopération dans le domaine de l’eau
  3. la protection de l’eau en temps de conflit armé.

Les résultats de ce colloque seront publiés dans un ouvrage. Le réseau de chercheurs créé permettra d’innover le discours actuel qui présente souvent l’eau comme une source de conflit. Les travaux de chercheurs offriront des illustrations de comment l’eau peut servir d’outil pour la paix au Sahel et soulignera la responsabilité des acteurs académiques francophone du G3 à disséminer cette connaissance pour transformer le narratif autour de l’eau de source de conflit en instrument de paix.

Participants

  • Université de Genève : Mara Tignino – Faculté de droit, Jean Willemin et Quentin Parent – Geneva Water Hub
  • Université libre de Bruxelles : Damien Scalia – Faculté de droit et de criminologie
  • Université de Montréal : Hugo Tremblay et François Xavier Saluden – Faculté de droit
  • Université Cheikh Anta Diop de Dakar : Awa Niang Fall