Repenser les études africaines francophones

Appel à projets 2024
En collaboration avec l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD)

Ce projet propose de réfléchir aux enjeux de la production, de la circulation et de l’échange des savoirs dans les relations Nord-Sud. La collaboration avec l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar s’inscrit dans une stratégie d’élargissement de l’offre de formation dans le domaine des études africaines. Ces développements ont eu lieu dans un contexte particulier, marqué notamment par des appels à une « décolonisation » des savoirs et des pratiques de la recherche à propos des sociétés africaines, ainsi que par des mobilisations sociales et politiques en Afrique pour remettre en cause les relations internationales africaines post-coloniales. Mot-valise qui se prête à des interprétations et à des usages multiples, le terme de « décolonisation » servira de porte d’entrée à une réflexion critique qui se déclinera en trois axes principaux.

  1. Établir une cartographie des formations, des réseaux et des expertises existant dans les quatre institutions dans le champ interdisciplinaire des études africaines, afin de mettre en lumière les complémentarités et les possibilités de collaboration, notamment dans le domaine de l’enseignement.
  2. Réfléchir à la place qu’occupent les études dites « régionales » en général, et les études africaines en particulier, dans l’économie des savoirs à l’échelle globale. S’il semble admis que l’expertise régionale est indispensable à la compréhension des moments de crise ou d’exacerbation des tensions, qu’en est-il de la contribution des études régionales à la réflexion théorique, au développement des concepts théoriques et des cadres d’analyse qui dominent l’économie du savoir ?
  3. Repenser ce que nous entendons par « études africaines » dans le « moment décolonial » actuel. Les études africaines se sont-elles sorties de la « bibliothèque coloniale », selon la célèbre expression du philosophe congolais Valentin Mudimbe ? Le peuvent-elles ? À quelles fins et pour quels impacts sur la production des savoirs et les sociétés ?

Les deux axes thématiques de ce projet (2 et 3) feront l’objet de deux ateliers de réflexion, le premier à l’Université de Genève et le second à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Quant à la cartographie, elle sera établie progressivement tout au long du projet, et c’est sur cette base notamment que de futures collaborations seront développées.

Participants

  • UdeM : Mamoudou Gazibo – Département de science politique et Isabelle Ribot, Département d’anthropologie
  • ULB : Olivier Gosselain et Amandine Lauro – Faculté de philosophie et sciences sociales, Marie Fierens – Faculté de lettres, traduction et communication
  • UNIGE : Didier Péclard – Département de sciences politiques et relations internationales, Armelle Choplin – Département de géographie et environnement, Federico Carducci et Anne Mayor – Global Studies Institute
  • UCAD : Momar Diongue et Mamadou Bouna Timera – Département de géographie, Moustapha Sall – Département d’histoire